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La canne à sucre
Elle
est connue depuis l’antiquité mais elle
est longtemps restée une plante ornementale avant de
conquérir le monde. Du Xème au Vème siècle
avant JC, elle est répandue en Océanie et en
Asie du Sud-Est, avant d’être introduite en Inde
et en Polynésie. Lors de son expédition militaire
en Inde, Alexandre Le Grand découvre ce “roseau
qui donne du miel sans le secours des abeilles”. Au
VIIème siècle, les arabes la diffusent en Egypte,
en Afrique du Nord et dans le sud de l’Espagne. Les
Espagnols et les Portugais l’introduisent dans leurs
possessions en Afrique puis, avec la découverte du
Nouveau Monde, la plante franchit l’Atlantique et arrive
au Brésil, à Cuba, au Mexique puis aux Antilles.
C’est une graminée comme le
blé, le riz ou le maïs, c’est donc une
herbe. Plante vivace, elle possède la faculté
de repousser spontanément après chaque coupe.
Toutefois pour ce qui concerne les cultures, on change les
pousses environ tous les 7 ou 8 ans afin d’obtenir
de meilleurs rendements. Contrairement aux autres graminées,
la canne à sucre est cultivée pour sa
tige et non pour ses graines. Elle mesure
2 à 5 m de hauteur et les tiges font
2 à 5 cm de diamètre. Le long de la tige
se trouvent une succession de nœuds où sont implantés
les yeux (les bourgeons). Les entre-nœuds sont
gorgés d’eau sucrée. Ils mesurent
de 10 à 15 cm et avec de très bonnes conditions
jusqu’à 30 cm. Les tiges sont de couleur
verte, blanche, brune, pourpre ou violette. La plante possède
de longues feuilles qui ressemblent aux feuilles de maïs,
elles mesurent parfois plus de 1,5 m de long. Au sommet
de la tige, au moment de la floraison, la plante porte de
petits épis avec des graines, l’inflorescence
est tout de même de taille puisqu’elle mesure
de 0,5 à 1 m de long. Mais dans un champ de canne
à sucre vous ne verrez que très exceptionnellement
la fleur : celle-ci a un effet négatif sur la production
de sucre. Les racines s’enfoncent jusqu’à
60 cm dans le sol et peuvent s’étendre autour
de la souche jusqu’à 2 m.
C’est une géante, vous l’avez compris,
et vous n’êtes pas au bout de vos surprises.
En plus du jus sucré qu’elle produit, la plante
se révèle être une véritable éponge
à gaz carbonique : en 1 an, par le processus de
la photosynthèse, 1/2 ha de canne peut absorber
plus de 30 tonnes de gaz carbonique et produire ainsi
21 tonnes d’oxygène neuf !
Ce métabolisme spécifique et cette grande capacité
expliquent sa forte croissance. La canne a besoin
de beaucoup de soleil, d’une bonne irrigation et de
beaucoup de soins. Outre l’irrigation parfois
nécessaire, le planteur doit éliminer les feuilles
mortes des cannes et surtout toutes les mauvaises herbes qui
entrent en compétition avec la plante. Et comme toutes
les cultures, il faut la protéger des maladies, insectes
ou rongeurs.
La plupart du temps la récolte de la canne
se fait à la main car l’utilisation
de la coupeuse mécanique n’est possible que sur
des champs épierrés, peu pentus et plats. La
canne est coupée au ras du sol car sa partie inférieure
est la plus riche en jus sucré. Son sommet, appelé
“bout blanc” ou “chou” est laissé
au champ, il servira d’aliment pour les bêtes.
Arrivé à l’usine, la canne à
sucre est d’abord broyée pour obtenir le premier
jus, le vesou. Il est trouble et de couleur jaune
verdâtre, composé de 80 % à 85 %
d’eau et 10 % à 18 % de saccharose,
glucose, fructose et d’autres composés organiques.
La fibre restante appelée bagasse contient encore 50 %
d’eau et 1 % de sucre, elle servira de combustible
dans des usines. Pour filtrer le premier jus et séparer
les éléments, on le mélange
à du lait de chaux puis on chauffe le tout.
Toutes les matières en suspension vont alors coaguler.
Le jus débarrassé de ses impuretés est
dirigé vers un tamis, les matières coagulées
seront filtrées, séchées, les résidus
deviendront des engrais pour les champs des agriculteurs.
Le jus clair est ensuite chauffé pour
évaporer au maximum l’eau et on obtient un
sirop jaune brun que l’on cuit pour commencer la cristallisation.
Plus le sirop cuit, plus le sucre se cristallise. On obtient
alors “la masse cuite”. Elle est refroidie
lentement en la malaxant puis centrifugée
dans des essoreuses pour en séparer les cristaux. Le
premier sucre obtenu est naturellement blanc. L’opération
est renouvelée pour tirer le maximum de sucre. Ce qui
reste s’appelle la mélasse et sera distillé
pour la fabrication du rhum.
Voilà pour la canne à sucre, et vous le constatez,
la culture, la récolte et la fabrication mettent en
œuvre de nombreux savoir-faire et techniques assez complexes.
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La betterave
Elle
est originaire du Moyen-Orient et cultivée depuis 2
500 ans. L’aventure du sucre de betterave ne
démarre pourtant qu’au XVIIIème siècle.
A cette époque la consommation et la production de
sucre de canne étaient très répandues,
la France occupait une place importante dans ce commerce.
La révolution française modifia l’ordre
mondial sucrier : les conflits perturbaient gravement le transport
maritime avec les colonies. La guerre entre Napoléon
et les anglais au début du XIXème siècle
ne fit qu’aggraver une situation déjà
critique. Les prix flambèrent et atteignirent des sommets,
le blocus continental obligea les français à
trouver une solution alternative à la production de
sucre dans les territoires d’outremer.
Déjà en 1575, l’agronome Olivier de Serres
avait remarqué la forte teneur en sucre de la betterave.
Plus tard vers 1747, un chimiste Prussien, Andreas Sigismund
Marggraf, réussit à en tirer du sucre cristallisé
et en 1786, à l’instigation
du Roi Frédéric II, un pharmacien, Charles-François
Achard, construisit la première sucrerie à
betterave en Silésie. Elle traite alors 70 kilos
de betteraves par jour selon le procédé de Marggraf,
mais l’entreprise périclite. En France ce sont
les efforts de Benjamin Delessert qui seront efficaces, après
10 années d’études et d’essais
à partir du procédé Margraff. Il supervisa
l’ouverture de la première usine de production
de sucre de betterave à Passy en 1811 et sera décoré
de la Légion d’Honneur par l’empereur lui-même
qui, fort de ce succès, délivre quelques 500 licences
pour la fabrication de sucre de betterave. Soutenue par une
intense recherche et une forte volonté de développement,
la betterave ne tarde pas à concurrencer la canne à
sucre, en 1828 la France compte 585 sucreries de betteraves
et en moins d’un siècle le prix courant du sucre
est divisé par 200 !
La première guerre mondiale stoppe dramatiquement ce
développement. Les régions productrices du Nord
et de la Marne sont dévastées tout comme les
sucreries. La reprise se fera pourtant aisément après
la guerre mais la surproduction mondiale des sucres (canne
et betterave) entraînera de nombreuses crises désormais
évitées par des conventions mondiales de production.
La betterave appartient à la famille de chénopodiacées
comme l’épinard et la blette. C’est
une plante bisannuelle c’est à dire qu’elle
accomplit son cycle végétatif en deux ans (un
an pour la phase de développement, un an pour la phase
de reproduction). Elle est récoltée au bout
de la première année, lorsqu’elle a effectué
ses réserves en sucre dans la racine. Si on la laisse
en terre, elle utilise le sucre en réserve pour se
reproduire. La plante mesure au total environ 50 cm
de hauteur, la racine, rugueuse et de forme conique,
blanche ou grise, mesure 15 à 35 cm de long. Elle
est parcourue par deux sillons (appelés “sillons
saccharifères”) et possède un
collet plat. C’est la partie renflée qui contient
le plus de sucre, elle se termine par un pivot (sorte de racine
longue et pointue comme pour le raifort)
et peut descende jusqu’à 2 m de profondeur.
Ses feuilles sont réparties en bouquet et constituent
son laboratoire de fabrique du sucre, tout comme la
canne, par la photosynthèse.
Ses fleurs, sans pétales, se dressent en épis
au bout des tiges et son fruit est appelé glomérule.
Il contient les graines. La culture de la betterave
exige des terres
riches, profondes et préparées.
Elle prospère sous un climat tempéré,
humide d’avril à septembre. C’est une plante
utile qui peut être utilisée pour préparer
le sol à d’autres cultures plus exigeantes.
La récolte s’effectue l’automne
après le semis, en utilisant 3 sortes de machines :
une effeuilleuse, une arracheuse et une ramasseuse.
Les
betteraves ainsi récoltées sont immédiatement
acheminées vers la sucrerie car, comme
pour la canne, avec le temps elles perdent le sucre qu’elles
contiennent. Arrivée à l’usine la
betterave est nettoyée puis coupée en fines
lamelles (cossettes). Celles ci sont ensuite mélangées
à de l’eau chaude pour en extraire un jus sucré.
Le reste des cossettes servira pour l’alimentation du
bétail. Pour éliminer les impuretés du
jus sucré on procède comme pour la canne : on
ajoute au jus du lait de chaux et une fois l’obtention
du jus clair on chauffe pour obtenir du sirop.
Reste
l’opération de cristallisation
puis l’essorage, et il ne restera que
du sucre cristallisé blanc, humide qui va être
séché, refroidi et tamisé, classé,
pesé et dirigé soit vers un conditionnement
en vrac, soit vers les moules qui permettent de le conditionner
en morceau.
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Le sucre : vergeoise, sucre glace, en poudre, cassonade, qui
fait quoi.
Nous
voici donc au fait des secrets de fabrication... du sucre
! Mais vous le savez il existe sur le marché différentes
sortes de sucre et des centaines, des milliers de friandises.
Faisons donc, pour terminer, un rapide tour des sucres.
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La vergeoise est un sucre moelleux, provenant du
sirop, coloré et parfumé par les composants
naturels de sa matière première, canne ou betterave.
C’est un sirop recuit ou un second sirop, elle est utilisée
pour certaines pâtisseries (les speculos belges par
exemple) et est délicieuse sur les crêpes ou
les gaufres !
• Le sucre candi rassemble des cristaux
blancs ou bruns plus ou moins gros obtenus par cristallisation
lente sur un fil de lin ou de coton à partir d’un
sirop concentré chaud. Il est surtout utilisé
pour les liqueurs.
• Le sucre cristallisé est recueilli
des turbines après l’opération de cristallisation
des sirops et regardez bien faire vos mères ou grands-mères,
toutes les confitures sont réalisées avec du
suce cristallisé !... et le sucre en poudre
est obtenu par broyage ou tamisage du sucre cristallisé.
Quant au sucre glace (idéal pour les décorations
ou les préparations délicates) il est obtenu
par broyage du sucre cristallisé auquel on ajoute de
l’amidon pour éviter qu’il ne se compacte
en bloc.
• Les sucres en morceau, dés,
cœur, trèfle,... et autres fantaisies sont obtenus
par moulage de sucres blancs ou roux encore chaud et humides.
Parfait pour les boissons, on les utilise aussi pour le caramel.
• La cassonade est un sucre cristallisé
brut extrait directement du jus de canne. Son goût rappelle
d’ailleurs le rhum, elle est utilisée pour toutes
les recettes exotiques.
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