De
la famille des canidés qui comprend également
le chien, le loup, le coyote et le chacal, le renard est le
carnivore (animal qui se nourrit de viande)
le plus abondant et le plus largement répandu dans
le monde. On le retrouve partout, dans les
forêts tempérées d’Europe et de
tout l’Hémisphère nord, en zone subtropicale
jusqu’aux confins du nord Canadien et de l’Arctique.
Adapté à des climats très chauds
ou très froids, il se plaît à des altitudes
allant du niveau de la mer à la haute montagne jusqu’à
2500 m.
Dans nos contrées, point de renard gris comme en Amérique
du nord, de fennec, commun dans les régions désertiques,
ni de renard polaire ou renard blanc, mais le plus habile
et le plus commun des renards, le vulpes vulpes ou
renard roux, reconnaissable à son pelage rouille
ou brun-roux, et à sa longue queue touffue
de 30 à 40 cm - généralement
un tiers de sa taille ! - terminée d’une
caractéristique petite tache blanche. D’une
taille moyenne de 1,25 m, le renard ne pèse que
6 à 7 kg et jamais plus de 10 kg. Soit
le poids d’un gros chat de salon.
Le renard vit dans un terrier qu’il
creuse lui même où qu’il aménage
à partir d’un terrier abandonné, d’une
crevasse de rocher ou sous les racines d’un gros arbre.
Sa tanière (ou terrier) est divisée en plusieurs
galeries, parfois profondes de 3 ou 4 mètres,
ce qui permet d’aménager plusieurs entrées
et de fuir en cas de danger. C’est là que madame
renard viendra abriter les petits renardeaux.
• Ruse... et panache
Si
le renard roux affectionne particulièrement les abords
des terres agricoles, où on peut le voir parfois furtivement
le soir au détour d’un chemin ou sur une route
de campagne, c’est que la lisière des forêts,
les prés, haies et taillis sont aussi l’abris
des petits rongeurs - souris, campagnols, lapins - dont
se nourrit le comparse d’Isangrin (nom du loup dans
le Roman de Renart).
Le renard est avant tout un prédateur.
En mangeant les charognes de petits animaux, mais aussi en
chassant les animaux faibles, blessés ou malades, il
contribue à maintenir l’équilibre des
populations et agit en “nettoyeur”. Son rôle
est également bénéfique pour l’homme
et en particulier les agriculteurs puisqu’il limite
la surpopulation de petits rongeurs comme les campagnols ou
les mulots - un renard en consomme 6 à 10 000
par an - particulièrement nuisibles pour les cultures.
Opportuniste en matière d’alimentation, qu’il
sait adapter à ce qu’offrent les saisons, le
renard ne dédaigne pas déguster quelques fruits
sauvages, œufs d’oiseaux, vers de terre et même
de grands insectes (sauterelles par exemple) qui lui offrent
la précieuse source d’énergie nécessaire
à parcourir son territoire large de 50 à 600 ha.
Le renard est un animal discret, nocturne (qui vit
la nuit) et crépusculaire (au coucher ou au lever du
soleil). Excellent marcheur, c’est
en trottant qu’il se déplace le plus souvent,
à une vitesse de 6 à 13 km/h. Capable d’atteindre
les 60 km/h sur de brèves distances, il
est aussi bon nageur mais ne sait pas grimper aux
arbres.
Le renard chasse seul mais n’est pas pour autant un
solitaire. Sa vie sociale, et même familiale lui coûte
bien des attentions. Chef de clan, le renard veille sur un
groupe comptant jusqu’à six femelles qui partageront
les soins à donner aux petits renardeaux.
Capable de donner de la voix, le renard crie, glapit,
cliquette, jappe ou aboie tantôt pour avertir
ses proches d’un danger tantôt pour séduire
sa - ou ses - belle. Il communique aussi avec
son corps variant la position de ses longues oreilles et de
sa queue au gré de ses humeurs. S’il cherche
à impressionner un concurrent ou un enemi, le renard
roux montre les dents tout comme le chien.
Pendant la période d’accouplement, qui dure de
décembre à février, les couples renards
se forment et poussent des aboiements et hurlements très
sonores. Au bout d’une cinquantaine de jours, chaque
femelle donne naissance à 4 à 6 petits qui devront
être autonomes au bout de 5 à 6 mois, une fois
l’arrivée de l’automne.
La
terreur des poulaillers ?
Si
œuf de poule et poule pondeuse peuvent offrir un repas
de choix au renard vagabond en cas de clôture mal verrouillée,
le renard n’est pourtant pas le tueur cruel que décrit
parfois la fable populaire. Habitué il est vrai à
tuer plus de poules que de besoin une fois introduit dans
un enclos, le renard serait en fait perturbé par la
réaction des proies qui ne fuient pas en sa présence,
contrairement à ce que ne manquerait pas de faire un
autre animal poursuivi.
Cruauté gratuite n’est donc pas de mise chez
monsieur renard.
O
rage, ô désespoir du renard
La rage, voilà bien ce qui a coûté
la vie à de nombreux de renards, non pas gagnés
par la maladie, mais tout simplement victimes de la peur des
hommes de voir l’épidémie se propager
vers les villes où il fait parfois quelques apparitions
lorsqu’en mal de nourriture, il lorgne le contenu de
nos poubelles. Depuis l’application par Pasteur en 1885
du principe de vaccination contre la rage à l’homme,
et grâce à la vaccination antirabique (contre
la rage) massive des chiens, la maladie est assez bien maîtrisée.
Elle
est pourtant réapparue en Europe durant la seconde
moitié du XXe siècle. Des années 1950
à 1980, la rage était encore présente
dans nos campagnes et son vecteur désigné :
le renard. Le virus, présent en grande quantité
dans la salive du renard enragé est généralement
transmis par morsure, d’où les risques importants
de contamination des chiens errants. Entre autres effets,
la rage entraîne la mort de l’animal en quelques
jours, le renard devient souvent agité, et agressif
envers les autres animaux. C’est ce qu’on appelle
la forme furieuse de la rage. Le renard risque en augmentant
ses déplacements hors de son territoire de se perdre.
Il devient donc d’autant plus dangereux qu’un
autre renard, un chien, ou un homme, attaqué et mordu
par un renard aura de grandes chances de tomber malade à
son tour.
Le renard n’est donc pas le seul animal susceptible
de propager le virus de la rage, d’autre animaux sauvages
comme le chevreuil, la fouine ou le blaireau, peuvent être
touchés.
Pour lutter contre les risques d’épidémie,
l’homme a tout d’abord pratiqué une méthode
pour le moins expéditive qui consistait à éliminer
un grand nombre de renards, mettant en danger la survie de
l’espèce et le rôle qu’elle joue
dans l’équilibre des populations animales.
Barbare, cette méthode a d’ailleurs donné
des résultats inefficaces. En effet, la réduction
de nombre d’individus n’avait pas pour conséquence
de diminuer les contacts entre les groupes d’animaux.
Bien au contraire ! Se sentant menacés, les renards
augmentaient leur territoire et les contacts entre groupes
de renards, accroissant ainsi davantage les risques de diffusion
de la maladie.
Dispensé
de piqûre mais pas de sucrerie
Fort
heureusement pour l’un des derniers prédateurs
des forêts d’Europe occidentale, d’autres
solutions sont maintenant choisies pour lutter contre la rage.
Même principe que pour l’homme : la solution la
plus efficace consiste à vacciner le plus d’animaux
possible, en utilisant des appâts contenant les produits
qui protègeront les renards de la maladie. Intégré
à des sortes de bouillons cube à base de saucisse
fumée, de tête de poulet, d’œufs,
de souriceaux ou de boulettes de viande, le vaccin est soit
déposé au sol sur les lieux de vie du renard,
soit distribué carrément par hélicoptère.
De véritables sucreries tombées du ciel pour
le renard.
Grâce à cette méthode et au travail des
scientifiques, la rage du renard est aujourd’hui
assez bien maîtrisée et en voie d’être
éliminée. Les dangers pour l’homme
et les animaux domestiques sont de ce fait considérablement
réduits. Voilà qui devrait aider maître
renard à retrouver sa noblesse et à se protéger
des persécussions dont il est toujours victime. Prudence
quand même : le renard est un prédateur sauvage.
S’il approche de près l’homme ou un endroit
habité, il peut encore s’agir d’un animal
malade !
|