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Puceron : l’arme absolue

 

Ils sont petits, très petits. Ils sont colorés, très colorés. Ils sont verts, jaunes, roses, rouges, gris, noirs ou bruns. Ils sont malicieux et gourmands, excessivement gourmands. Ils aiment les roses, les légumes, les forêts de jeunes sapins. Ils adorent les enfants, ils en font des milliers par an, ils pondent. Ils aiment le sucre. L’hiver, ils restent sages, bien à l’abri dans leur œuf qui résiste même au froid.
Ils ont l’air tellement mignons, mais ils sont une véritable arme de destruction massive, la terreur des potagers, l’apocalypse des jardins, le démon des rosiers,
le tueur en série des pommes de terre, l’éliminateur de tout ce qui pousse, fait des feuilles, des fruits, nourrit, décore, tente de lui survivre. Ils sont l’ennemi absolu de celui qui jardine, la phobie du fleuriste : ce sont les pucerons.

 

Anatomie de l’arme fatale
Sa taille : 2 ou 3/5 de milimètres.
Ses armes : de longues antennes, une paire de tubes courts sur l’abdomen pour projeter un liquide (mal) odorant en cas de menace, et surtout une bouche en aiguillon pour sucer le suc des feuilles sur lesquelles il installe ses bases. La plupart des espèces sont dépourvues d’ailes mais peuvent en développer pour se déplacer plus rapidement si les conditions de température, par exemple, sont défavorables.

• Sa méthode : pomper le suc riche en matières sucrées de la plante.

• Ses effets : croissance réduite de la plante, feuilles flétries, branches desséchées, aiguilles rabougries, feuillage frisé, jauni ou tombant.

• Victimes favorites : le chou, les pois, les plants de tomates, de pommes de terre, de haricots, les roses, les dahlias, les capucines, les fleurs d’ornement en général, certains arbres fruitiers (pêcher, prunier, cerisier...), les épis de céréales, bref tout ce qui pousse.

 

• Ses points forts : un taux de reproduction élevé. Les femelles peuvent donner naissance à des nymphes (forme que prend l’insecte à la fin du développement larvaire) sans accouplement. La majorité des œufs donnera des femelles qui, à leur tour... La femelle peut se reproduire 10 jours après l’éclosion.

• Le vice caché : les pucerons véhiculent des virus qu’ils transmettent aux plantes hôtes

• Son allier direct : la fourmi. Une colonie de fourmies peut défendre les pucerons contre leur prédateur comme la coccinnelle. En fait les fourmis pratiquent une sorte d’élevage de pucerons dont elles prélèvent le miellat pour se nourrir et nourrir leurs propres larves, à l’abri dans la fourmilière. Les pucerons sont un peu les vaches à lait des fourmis.

• Son allier indirect : l’abeille qui récupère le miellat du puceron pour faire du miel là où il n’y a pas de pollen. Le miel d’acacia ou de sapin est fabriqué à partir de miellat.

 

• Son point faible : le jaune l’attire. On peut donc fabriquer des pièges de couleur jaune (piège engluant par exemple).
Le papier d’aluminium au pied des plantes désoriente le puceron qui se perd et devient vulnérable aux prédateurs.

• Ses pires ennemis : la coccinelle, certaines punaises comme le réduve, la larve du syrphe (mouche à l’allure de guêpe à vol très rapide), l’araignée et la mésange. Autre prédateur extrêmement cruel, la guêpe qui pond à l’intérieur du puceron. Lorsque l’œuf éclot, il dévore le puceron de l’intérieur !
Ennemi impitoyable également : l’homme  qui déteste le puceron. Pour l’éradiquer, l’homme utilise la méthode naturelle, notamment en introduisant des coccinelles d’élevage pour dévorer les larves, ou carrément la méthode forte en pulvérisant des produits insecticides.


En savoir plus

• Le miellat
Les pucerons ne digèrent pas tout le suc qu’ils absorbent en plantant leur stylet (“l’organe piqueur”, la trompe) dans les canaux de sève. Lorsqu’ils sont rassasiés, ils en rejettent une partie, le miellat, substance collante et très sucrée dont les mouches, les abeilles et les fourmis se nourrissent.

• Le phylloxéra
C’est un vulgaire puceron qui provoqua ce qui fut sans doute la plus grande catastrophe agricole de tous les temps en Europe. Ennemi le plus redoutable de la vigne, ce parasite fit son apparition en France en 1863. Parti des départements du Gard et de la Gironde, le phylloxéra gagna en trente ans tous les territoires viticoles, faisant disparaitre complètement certains cépages (variété de vigne), et ruinant de très nombreux paysans. Il fallut plusieurs décennies pour reconstituer le vignoble en utilisant des plants venus d’Amérique et connus pour leur résistance au fléau.