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Le pissenlit

Voici encore une plante qui suscitera admiration ou acharnement selon le public auquel vous vous adresserez ! c’est en tout cas la plus connue des plantes champêtres, parfois cultivée, très fréquente et très répandue à l’état sauvage dans les prairies, les clairières, les forêts clarteuses, au bord des chemins… et ce qui est sûr c’est que là où elle est installée vous aurez du mal à la déloger si vous avez pris le parti de ne pas polluer le sol. Le mieux est encore de se réjouir d’une floraison d’un jaune aussi éclatant ou de le cueillir pour en faire une bonne salade !

 

Le pissenlit appartient à la famille des composées,
comme le tournesol.
Et voilà !… je vous ai dévoilé l’essentiel de la magie de la
plante… si vous avez bien retenu une de nos précédentes leçons, vous vous souvenez que le tournesol n’est pas une fleur mais une multitude de fleurs rassemblées sur un capitule, chaque fleur donnant une graine. Et bien c’est exactement la même chose pour le pissenlit ! sauf que ses feuilles sont situées au niveau du sol. Elles sont vert foncé et très découpées, elles ressemblent à des dents pointues. La tige un peu duveteuse, creuse, de dimension modeste (jusqu’à 20 cm) ne porte que les fleurs ! Celles-ci possèdent un abondant nectar pour les abeilles, mais il faudra tout de même quelques 125 000 visites de capitules pour obtenir un kilo de miel.
En cueillant les fleurs un liquide blanc s’écoule qui ressemble à du lait mais qui est poisseux : c’est du latex à partir duquel on peut fabriquer le caoutchouc. Il peut vous colorer les doigts de tâches brunes.

Les racines sont très fortes et font le désespoir de tous ceux qui veulent se débarrasser de la plante. Elles s’enfoncent verticalement dans le sol jusqu’à des profondeurs pouvant atteindre 2 mètres : elles sont du type pivotant, c’est à dire qu’elles s’enfoncent dans la terre à partir d’une grosse racine principale (un peu comme la carotte par exemple). Et pour ceux qui pestent contre l’envahisseur, sachez que le pissenlit ameublit le sol en profondeur, améliore la structure et le drainage du sol, amène en surface des éléments nutritifs du sous-sol, quelques propriétés non négligeables…

Un peu comme l’escargot, le pissenlit est "hermaphrodite" c’est à dire qu’il a des organes mâles et femelles, ainsi un pied de pissenlit peut s’autoféconder grâce aux insectes. Les fleurs donneront naissance à un fruit appelé akène, comme ceux de la fraise. Gris, ovale et écailleux, surmonté d’un filament terminé par une aigrette plumeuse (comme un petit parachute, doux et cotonneux), les graines de pissenlit sont disséminées par le vent ou par le souffle des enfants, de manière fort efficace il faut le reconnaître, elles peuvent voler jusqu’à 10 km avant de se poser !

Feuilles et fleurs, crues ou cuites, sont consommables en salade, en confiture, en décoction. Les racines grillées peuvent même remplacer le café. Riche en fer, sodium, zinc, potasse et phosphore ses propriétés médicinales sont nombreuses : dépurative, diurétique, laxative, revitalisante, tonique… à la sortie de l’hiver ce n’est pas rien ! Les fleurs jaunes sont parfois utilisées en colorant, tout comme les racines qui donnent une couleur rose.

Enfin, avis aux jardiniers, n’éliminez ce joli bouquet jaune qu’en connaissance de cause, en plus des atouts déjà décrits, voici un dernier argument de choc pour sa défense : le pissenlit dégage de l’éthylène, gaz qui accélère le mûrissement des fruits, notamment des tomates et préserve certaines cultures de maladies des racines.


Les mots rigolos du mot

• Manger les pissenlits par la racine c’est être mort et enterré !

• Le mot pissenlit vient tout droit de pisser au lit, donc propriété diurétique absolument reconnue !

• Son nom botanique est Taraxacum dens leonis, taraxacum est issu du grec taraxos, trouble et akos remède, dens leonis fait référence à la forme de la plante en “dent-de-lion” à cause de ses feuilles découpées.

• Pour nommer le pissenlit on rencontre aussi, fausse chicorée, laitue des chiens, salade de taupe, tête de moineau… or du pré, fleuron d’or et roi de la prairie.

• Symbole de l’oracle, on disait à la campagne que “plus on met de temps à souffler une fleur de pissenlit, plus de temps on devra attendre pour se marier”.

• Salvador Dali a peint un tableau dont la partie centrale est un pissenlit !
“Bataille autour d’un pissenlit” 1947, vous pouvez en avoir un aperçu sur la page
http://la-galerie-internationale.com/TAPDALI.html

• Et pour terminer voici le plus illustre des pissenlits, celui que vous avez ou allez forcément croiser un jour ou l’autre sans même y prêter attention. Alors, prenez donc votre dictionnaire encyclopédique préféré, il y trône fièrement à la première page, depuis 1876. C’est en effet Eugène Grasset qui dessine “la semeuse” pour Larousse, complété par la devise “Je sème à tout vent”. Transformée au fil des années, il est toujours reconnaissable dans la forme épurée du logo actuel. Pour plus de détail sur cette belle histoire rendez-vous sur le site de Larousse
www.larousse.net/francais/presentation/marques.js