Si vous ne disposez pas encore
du plug-in Flash 5,
vous pouvez le télécharger ici.

                 

 

La noix

Aimés ou haïs depuis la haute antiquité, voici un arbre et son fruit qui ne vous laisseront pas indifférents.
Pourvu de 80 variétés différentes, cultivé pour son bois et/ou ses fruits, seule la région de Grenoble bénéficie d’une AOC pour la noix.

Arbre de grande taille (20 à 25 m) le noyer produit ses fruits vers l’âge de six ans, il est adulte vers 25/40 ans et peut produire jusqu’à 70 ans.
Il appartient à la classe des dycotylédones, c’est à dire qu’il possède une racine principale pourvue de nombreuses racines secondaires. Sa racine est utilisée pour son bois : c’est la fameuse “ronce de noyer”.
Son fruit, la noix, est mature en automne et il a fallu pas mal d’imagination à nos ancêtres pour pouvoir profiter de son amande appelée “cerneau”.

Le fruit se compose en effet de trois parties :

• Le péricarpe est appelé brou. C’est une chair verte et coriace qui contient de la juglandine, du tanin et des acides citriques et maliques. On l’utilise pour faire de la teinture ou encore en médecine. C’est l’ingrédient de base des breuvages comme le “brou de noix” que l’on trouve dans la Creuse ou le “ratafia” dans le Dauphiné.

  La seconde ou endocarpe est appelée coque. Elle est plus ou moins dure à casser selon les espèces. Très efficace pour le chauffage, leur dureté en fait un excellent abrasif…il paraît que la NASA en a utilisé pour protéger certaines parties des fusées qui sont soumises à de fortes températures.   • La troisième partie, l’amande, est la partie du fruit que l’on mange. On l’appellecerneau. Il se consomme cru, frais ou sec, cuisiné, salé, sucré, en vin, en huile…

Dans la noix rien ne se perd sinon le bruit que l’on fait en la cassant !
Côté feuilles, en décoction ou en purée, elles éloignent les insectes, les fourmis, les mouches et les punaises… et on peut aussi en faire un vin, tout comme il est possible de faire un vin de chatons de noyer !

Quel arbre complet et généreux ! Bois précieux, très dur, fruit extrêmement riche aux apports énergétiques particulièrement élevés…

Pouvoirs imaginaires et légendes ne sont pas en reste non plus.
Les romains consacrèrent cet arbre à Jupiter, d’où son nom botanique “Juglans”, contraction de jovis-glans gland de Jupiter. Certains auteurs latins ont rapproché le nom grec de la noix, karuon, au mot kara qui signifie tête, par analogie entre la forme des hémisphères du cerveau et du cerneau de la noix.

Jusque là rien de bien méchant, voici où les affaires se corsent : dans la mythologie grecque, le noyer est consacré à la divinité de la mort Kar ou Ker et l’on cite souvent Pline l’Ancien à propos des malfaisances du noyer “son ombre appesantit et offense le cerveau des hommes et porte nuisance à tout ce qui est planté autour”. Il est donc fortement déconseillé de se reposer au pied d’un noyer. Plus tard on racontait qu’il servait de “salon des dames” aux sorcières qui, la nuit tombée, venaient danser autour. Sachez aussi que les racines de noyer qui pénètrent dans une étable y font périr les animaux !
Sévère non ?

D’autres croyances et recettes sont rattachées à la Saint-Jean, moment clé pour confectionner les vins ou récolter les fruits. A cette date le bois des coquilles de noix n’est pas encore formé, le brou renferme le maximum de principes actifs qui apporteront toute sa qualité à la boisson.

Et une petite dernière, mignonne cette fois : pour se faire aimer, il faut cueillir une feuille de noyer la nuit de la Saint-Jean et la placer dans la chaussure gauche de l’être aimé !!!

Le noyer est monoïque : chaque arbre porte à la fois des fleurs mâles et des fleurs femelles. les fleurs mâles se trouvent sur les rameaux de l’année en cours et se transforment en chatons. Les fleurs femelles donnent les fruits. La fécondation s’effectue grâce au vent.


Les mots rigolos du mot

Le nuciculteur est la personne qui cultive le noyer.
En ancien français la noix servait à exprimer une idée de quantité minime en renforcement d’une négation (comme mie, miette ou goutte). On retrouve un peu cette idée en français moderne dans la locution familière “à la noix” sans valeur. Cette idée se retrouve aussi, sans aspect négatif, dans “une noix de beurre”.
On dit aussi :
• A la noix
• Vieille noix
• Une noix de beurre
• Noix de côtelette
• Casse-noix

Et pour la p’tite histoire…

Dion, roi de la province grecque qui s’appelait la Laconie, reçut un jour la visite de Dionysos. Il avait 3 filles, Orphée, Lyco et Carya, toutes trois très jolies. Dionysos succomba aux charmes de Carya mais ses sœurs, jalouses, la dénoncèrent à leur père. Furieux d’une telle délation, il les punit et les transforma en pierres. Carya, restée seule, en mourut de chagrin.
Les autres dieux, très émus par l’histoire tragique de Carya, ont décidé de l’immortaliser en la transformant en noyer !
Quant au peuple de Laconie, il lui a voué un culte sous le nom d’Artemis Caryatis et lui a construit un temple dont les colonnes de noyer représentent Carya…
…et comme vous le savez, les statues des temples servant de support s’appellent des caryatides !