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Originaire
dArménie et du Caucase, la nèfle est cultivée
depuis lantiquité, dabord dans tout le
bassin méditerranéen et au nord des Indes puis
elle sest étendue à toute lEurope.
On la trouve à létat sauvage dans les
haies ou en sujet isolé dans les jardins.
Arbuste
fruitier de 4 ou 5 mètres de haut, son aspect tortueux
est joliment décoratif : ses branches sétendent
généreusement en largeur, ses feuilles sont
longues. De la famille des rosacées (comme laubépine,
le fraisier, le pommier
), au moment de la floraison,
larbre se remplit de jolies roses blanches simples à
lextrémité des rameaux.
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Fleur : au moment de la floraison en mai, larbre
sorne de jolies fleurs blanches ou rosées à
5 grands pétales.
Feuilles : caduques, elles sont disposées
une à une en spirale le long de la tige. Elles sont
ondulées (gaufrées), velues en dessous avec
de fines dents.
Le fruit : charnu, il se développe en bout
de branche et mûrit à partir du mois de juillet.
Il contient la chair que lon consomme une fois le fruit
blet et la mouche (reste du calice de la fleur)
avec 5 gros pépins qui sont les graines. Veillez
à ne pas les consommer, ils renferment de lacide
cyanhydrique.
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Jusque
là, rien de bien extraordinaire même si cette
floraison de mai est déjà un ravissement pour
le jardin. Ce qui est plus étonnant, ce sont ses
fruits. Ils ressemblent à des boules de noël
accrochées dans larbre. De couleur dorée
brunâtre, les fruits sont immangeables si la gelée
na pas fait son travail. Ils nacquièrent
en effet leurs saveurs gustatives que lorsquils sont
totalement blets. La nèfle, bien à point,
a la peau un peu ridée, elle cède facilement
sous la pression du doigt sans être trop molle et
lodeur en est agréable.
Consommée
crue, à la fin du repas, avec des noix, du fromage
ou à lapéritif roulée dans une
tranche fine de jambon fumé, elle saura étonner
vos convives. La chair cuite par les gelées
ressemble un peu à de la compote de pommes en moins
acide. On la consomme aussi cuite, en marmelade, en confiture
et on peut en faire un alcool. La chair de nèfle
contient entre autre sucre, tanin, acide citrique et malique.
Les fruits sont bons pour les intestins et contribuent à
lutter contre les diarrhées.
Si
aujourdhui nous méconnaissons un peu ce fruit
rustique, il avait sa place autrefois dans toutes les fermes.
Il était récolté après les premières
gelées et conservé tout lhiver au fruitier
sur une couche de paille.
La
croissance du néflier est lente, ce qui renforce
ses qualités. Son bois est dur, homogène et
dun grain très fin. Il est surtout recherché
pour en faire des manches doutils ou des cannes car
il est pratiquement incassable.
Au
Pays Basque, on fabrique un bâton constitué
de bois de néflier ferré au gros bout avec
une poignée garnie de cuivre ou de cuir et ayant
une dragonne (une lanière). Ce bâton traditionnel
s'appelle Makila.
Mais on trouve également des traces du néflier
en Bretagne où lon taillait son penn-baz (gourdin)
dans ce bois. Voltaire indique aussi que les bourgeois
des villes de Flandre jouissaient du droit de prouver leurs
prétentions avec la massue de mesplier.
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Les
mots rigolos du mot
Dabord
apparu sous diverses formes nesples, nesfles et aussi mesle,
le mot est issu du latin mespila épine blanche.
Emprunté au grec mespilon qui se dit du fruit de larbre
(il ny avait pas de terme spécifique pour distinguer
pomme, nèfle et coing).
Des nèfles ! (rien du tout) est sans conteste lusage
le plus commun du mot et maintenant que cet arbre et ce fruit
nont plus de secret pour vous, vous en avez compris
la richesse et appréciez toute linjustice de
son usage !
On entend dans les campagnes : lorsque la nèfle
est en fleur, les petits loups y voient clair
Petite devinette du sud-ouest : "elle a cinq ailes
et cinq os et ne peut voler dans les bois. Qui est-elle ?"
Et
pour terminer, petit extrait de littérature :
Alors, pour rire, je lui faisais partir cent toupies
sous le nez et Léone se lançait sur le pavement
luisant de marbre historié du corridor de lantichambre
comme, vingt ans plus tard, en 1915, je devais voir le Vieux
Charles de Guynemer sélancer vombrissant parmi
les étoiles, les éclatements du front. Pour
attraper quoi ? Des nèfles !
Blaise Cendrars - Bourlinguer
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