En
un mot, le lombric en se déplaçant de haut en
bas, et de bas en haut, apporte aux couches profondes du sol
les éléments qu’il ne contient pas comme
les végétaux morts, et fait remonter du sous-sol
des oligo-éléments comme le fer, le souffre...
Il aide le sol à se reconstituer. En plus, le lombric
n’est pas un parasite puisqu’il ne touche ni aux
racines ni aux plantes saines.
Ni
queue ni tête
Difficile
de distinguer l’avant de l’arrière et vice
et versa lorsqu’on observe un lombric immobile. La tête
du lombric n’en est d’ailleurs pas vraiment une.
Ce n’est autre qu’une minuscule bouche garnie
de dents microscopiques. Le corps du lombric adulte mesure
environ 10 cm. Il est formé d’une centaine d’anneaux
d’où le nom d'annélide, famille à
laquelle il appartient. Tous les segments sont identiques
à l’exception du premier, la tête, qui
porte la bouche, et du dernier, qui porte l’anus.
Pour se déplacer, le lombric contracte les muscles
circulaires qui couvrent toute la longueur de son corps puis
les étire, ce qui donne cet effet de vague lorsqu’on
l’observe. Pour être moins vulnérable aux
aspérités du sol, la peau du lombric est couverte
de petites soies, des filaments qui agissent comme de minuscules
griffes et le fixent à terre au fur et à mesure
qu’il avance en allongeant et raccourcissant son corps.
Les soies sont aussi des organes sensoriels qui détectent
les vibrations du sol et permettent de repérer la proximité
d’un prédateur, une taupe
par exemple.
Mâle
ou femelle ?
Le lombric est hermaphrodite. Chaque individu est à
la fois mâle et femelle, et comme l’escargot
la fécondation est habituellement croisée. Les
œufs se développent dans un cocon de mucus (sécrétion
visqueuses produite par les muqueuses et jouant un rôle
de protection) situé au niveau d’un des anneaux
avant du ver. Les œufs sont pondus dans le sol jusqu’à
éclosion des vers miniatures. Certaines espèces
de lombric ont une durée de vie allant jusqu’à
dix ans.
Un
vrai coup de peau
Le lombric n’a pas de poumon. Vous ne le verrez donc
jamais respirer au sens où on l’entend pour l’homme
dont la cage thoracique s’ouvre et se ferme pour emmagasiner
et rejeter l’air. Le ver respire par la peau comme la
rainette. Les échanges
gazeux entre l’air et le sang se font sur toute la surface
du corps. Cette fonction est assurée grâce à
un épiderme maintenu toujours humide, ce qui facilite
notamment le déplacement du ver. En période
de sécheresse, et afin de ne pas mourir asphyxié
parce que desséché, il arrive que le ver se
place comme l’escargot en
état de léthargie (sommeil profond) en s’enroulant
sur lui-même. De même le ver peut mourir asphyxié
s’il reste trop longtemps dans l’eau. L’eau
étant pauvre en oxygène, la surface de sa peau
ne suffira pas à absorber le volume de gaz nécessaire
à sa survie.
Un
animal cultivé
Le lombric peut devenir une très bonne source de protéines.
Certains auront peut être tenté l’expérience
qui consiste à déguster cru ou cuit un représentant
de cette espèce rampante, d’autres en sont familiers
pour les accrocher au bout de leur hameçon de pêcheur,
mais c’est surtout à des petits rongeurs et à
quelques oiseaux qu’ils servent quotidiennement de repas
: les taupes, les musaraignes, les merles, les grives... Quant
aux poules, c’est bien connu, elles passent la plus
grande partie de leur temps à gratter et piocher la
surface du sol de leur bec à la recherche de délicieux
lombrics.
Dans certains pays en voie de développement, les vers
sont même l’objet d’une véritable
culture (au sens d’agriculture bien sûr) aux effets
positifs sur le niveau de vie des petits paysans et sur l’environnement.
En Argentine par exemple, un programme vise à développer
la culture de vers rouges de Californie en les nourrissant
de tous les déchets organiques des potagers. Ce procédé,
en plus de limiter les décharges sauvages, permet de
produire de l’engrais de qualité à moindre
frais et par la suite d’améliorer la production
des petits planteurs. C’est aussi un complément
de revenu puisque les vers en excédent sont revendus
à des sociétés de pêche.
La
lombricompostage : toujours au service de l’homme ?
Voilà un procédé "écolo"
à un problème de plus en plus épineux
: le recyclage des déchets organiques humains par les
lombrics, ou lombricompostage. Le recours au lombricompostage
vient de la réunion de deux constats. Considérant
d’une part que sur un hectare de terrain on trouve 4
millions de lombrics capables d’ingérer 250 tonnes
de sol par an et, d’autre part que nous autres humains
sommes toujours à la recherche du procédé
technique permettant d’éliminer les quantités
astronomiques de déchets organiques que nous produisons,
pourquoi ne pas confier ce service au ver de terre ? Cette
expérience existe à l’échelle industrielle
en Ardèche. Le principe consiste à trier les
déchets ménagers pour les débarrasser
de tout ce qui n’est pas biodégradable (plastique,
verre, métaux) et de livrer le reliquat à l’appétit
de milliers de lombrics placés à la température
idéale de 35 °C. Les voraces invertébrés
sont capables de produire 300 kg de terreau utilisable
pour l’agriculture à partir d’une tonne
de déchets. Une prouesse à retenir pour apporter
des solutions écologiques au délicat problème
des décharges.
Un
lombric de 3 mètres de long, ça n’existe
pas ?
Le lombric commun d’Europe ne mesure en moyenne que
10 petits centimètres mais provoque déjà
des grimaces de rejet chez beaucoup de nos semblables. Imaginez
ce qu’il adviendrait si un lombric géant sillonnait
nos campagnes en grignotant tranquillement quelques pommes
pourries à l’ombre d’un verger ? Et bien
ce lombric existe et ce n’est pas de la science-fiction.
Certaines régions d'Australie abritent une espèce
de ver pouvant mesurer jusqu’à 3 mètres
de long avec un diamètre de 3 cm. Bien qu’absolument
inoffensif, ce ver a de quoi faire peur.
Et si les lombrics décidaient subitement de
dominer le monde ?
Ce
n’est pas le titre d’un scénario catastrophe
mais méditez plutôt les quelques chiffres qui
suivent.
Sur un hectare de sol de forêt, on trouve de 1 à
2 millions de lombrics. Les vers de terre sont la plus grosse
masse de protéines du globe et représentent
80 % poids global des animaux terrestres. Le poids total
des lombrics de France serait de 100 à 200 millions
de tonnes, soit 33 à 66 fois le poids total des
Français évalué à 3 millions
de tonnes. Imaginez le résultat si les lombrics décidaient
de se réunir pour défiler dans la rue ! |