| Un
poil appelé laine...
Ne
porte pas laine qui veut ! Ce n’est pas à l’animal
que l’on reconnaît la laine mais à des
caractéristiques très précises du poil.
Formé
de lignes fines, transversales et obliques, le poil de mouton
a une surface écailleuse. Un bulbe enfoncé dans
la peau du mouton sécrète une matière
pulpeuse et souple. La laine est cette matière qui
est éjectée par la compression du bulbe, c’est
comme nos cheveux. Le mouton sécrète également
du suint (graisse qui imprègne la toison des mouton)
et de la suintine (mélange de matières grasses
obtenu lors du lavage des toisons), matières grasses
qui enveloppent le poil et qui seront utilisées dans
les pommades, les cosmétiques et les cirages.
La
toison du mouton comporte deux sortes de poils :
• des mèches de bonnes fibres, plus ou moins
fournies ou serrées qui donneront de la laine pour
vêtements
• et des gros poils, des fibres noires et des jarres
(des poils durs, épais et raides mêlés
aux poils fins), ces derniers étant nuisibles à
la qualité de la laine.
Il existe de nombreuses variétés de moutons,
donc de laine. Par exemple, la laine mérinos (une des
races de moutons) est ondulée, douce, élastique.
Elle donne des laines plus fines. La laine commune est plus
grosse, plus solide et plus brillante. Elle donne des fibres
longues.
Doux
comme un agneau
Un
mouton est tondu environ 5 fois dans sa vie, une fois par
an, et la qualité de la laine dépend de la période
à laquelle il a été tondu. A la première
tonte, le mouton n’est alors qu’un agneau. Il
donne une laine très douce mais courte et faible appelée
laine agneline. A la deuxième, qui est la première
tonte du mouton adulte, il donne la plus belle laine que le
mouton donnera de toute son existence. Et plus les années
vont passer, plus la laine du mouton sera grossière.
Pour finir, on ne tondra plus le mouton... mais on pourra
encore le manger !
Comment
un mouton peut-il atterrir sur nos épaules ?
Il
faut plusieurs étapes pour passer de la toison du mouton
à votre pull...
• Tout d’abord, la tonte. Cette
opération consiste à tondre le mouton avec des
forces (ciseaux spéciaux) ou une tondeuse électrique.
La laine sera ensuite transformée en gros flocons bien
aérés et passera par toutes les opérations
suivantes.
• Le ménage de printemps !
La laine poisseuse est dépoussiérée
dans ce qu’on appelle une ouvreuse : imaginez un énorme
mixer qui ouvre et mélange toutes les toisons pour
enlever profondément les saletés.
• Ce bon bain leur fait du bien...
Ensuite, la laine est lavée. Cette
étape permet de récupérer le suint qui
sera transformé et utilisé notamment dans les
produits de beauté. Avant que les machines à
laver n’existent, on ajoutait en guise de détergents
de l’urine humaine qui contient de l'ammoniaque...
Lors de ces deux premières opérations, la toison
du mouton peut perdre jusque 40% de son poids... et oui, le
mouton ne peut pas se laver tout seul... les débris,
la saleté et le suint pèsent leur poids !
• Bacs et cylindres essoreurs
La laine est ensuite essorée et séchée.
A ce stade, elle se présente sous la forme de gros
paquets.
•
Triage ou Echarpillage
Avant de poursuivre notre transformation “peau
de mouton-pull”, il faut répartir les laines
de différentes qualité. On va homogénéiser
des lots de laine afin qu'ils puissent être travaillés
dans de bonnes conditions. C’est chose faite ! Passons
à l’étape suivante.
• Le cardage et le peignage
La laine est cardée, c’est-à-dire démêlée,
en passant dans des grands rouleaux recouverts de pointes
de plus en plus fines. Grâce à ses cardes, on
démêle les fibres de sorte qu’elles soient
parallèles et que l’on puisse ensuite filer la
laine. Des déchets laineux seront récupérés
pendant le cardage et épurés grâce au
carbonisage, série d’opérations
chimiques et physiques brûlant les matières végétales
sans toucher à la laine. La laine cardée se
présente sous la forme de gros rubans, qui sont mis
en bobines pour la préparation du peignage ou directement
pour le tissage.
Le peignage consiste à démêler et mettre
les fibres dans le même sens, comme on peigne ses cheveux
et donne au tissu un aspect moins rustique que la laine cardée.
Il élimine les dernières impuretés passées
au travers du cardage et toutes les fibres courtes (appelées
blousses) qui seront ajoutée à la laine cardée.
La laine peignée sera aussi mise en ruban pour aller
vers la filature et le tissage. La laine est ensuite ensimée,
ce qui signifie que l’on ajoute de la matière
grasse pour faciliter la filature.
•
Une filature sans police...
Dans cette étape, on tord le ruban cardé ou
peigné, ce qui donne au fil sa résistance et
forme un “fil simple”. En fait, on étire
la laine. Cela se faisait d’abord manuellement au rouet,
puis plus tard mécaniquement. Généralement,
2 ou 3 fils simples sont tordus ensemble pour augmenter la
résistance et l’homogénéité
du fil. On obtient alors un fil retors, le fil final pour
la fabrication des vêtements, tapis ou autres accessoires
en laine. Filer, c’est donc tout simplement transformer
les fibres de laine en fils.
•
Le tissage
Enfin, on va entrelacer les fils de chaîne
(ceux qui sont en longueur, tendus sur le métier
à tisser) et les fils de trame (ceux en largeur,
insérés au fur et à mesure par passages
successifs au dessus et en dessous des fils de chaîne),
ce qui donnera le tissu prêt à être teint.
Par précaution, une autre étape s’impose :
l’épeluchage qui permet d’éliminer
les petites imperfections sur le tissu.
•
Teinture et Apprêt
La teinture est l’une des dernières opérations
mais elle peut aussi avoir été pratiquée
avant la filature. L’apprêt est l’ensemble
des procédés mécaniques et chimiques
que l’on applique à la laine afin de lui attribuer
certaines propriétés, d'améliorer son
aspect et de faciliter son entretien. Il modifie l'aspect
des étoffes, suivant le genre de tissu recherché.
La
laine, un tissu naturel et résistant
Les
produits en laine naturelle ont pour principales qualités
: la solidité, le confort, la chaleur, l'élasticité
et l’imperméabilité grâce à
la protection que forme le reste de suint (malheureusement,
il disparaîtra avec les lavages à répétitions).
De plus, ce tissu ne retient pas la poussière, se lave
facilement en machine et ne froisse pas trop.
| Astuces
à essayer...
• Pour rendre vos lainages plus soyeux,
vous pouvez ajouter un bouchon de revitalisant capillaire
dans l’eau de rinçage de votre “peau
de mouton”.
• Si vous n’êtes pas un amateur de
lavage à la main mais que l’étiquette
de votre chandail en porte le sigle, mettez-le dans
un sac en filet pour sous-vêtement et vous pourrez
mettre votre chandail dans votre machine sans risquer
de l’abîmer.
• Les tissus de laine peuvent perdre leur forme
s'ils sont suspendus, pour éviter cela, séchez-les
à plat sur une table (sauf en bois)
sur laquelle vous avez étendu une serviette,
mais il ne faut pas les mettre trop près de votre
radiateur.
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