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Avant de parler de la guimauve, attardons nous sur sa famille,
les malvacées. Plantes herbacées, arbustives
ou arborées, les malvacées se caractérisent
par des fleurs hermaphrodites composées d’un
calice à 5 sépales et d’une corolle
à 5 pétales aux nombreuses étamines.
Riche de 82 genres et près de 1 500 espèces,
cette famille vit dans le monde entier et possède en
son sein quelques membres illustres dont le coton.
Cousine éloignée de ce dernier, l’althæa
officinalis (du grec altho : guérir) ou guimauve
se cache dans les marais, les zones côtières
ou les prés humides.
Originaire de l’Egypte antique, elle a su traverser
les âges et s’adapter sans difficulté en
Europe, où l’on retrouve sa trace dès
le Moyen-Âge, notamment dans les jardins des monastères.
Plante vivace halophile, elle se développe sur des
sols à forte teneur en sel. Ceci explique sa présence,
avec la salicorne, dans certains secteurs de Lorraine où
la couche de sel gemme est à l’origine de la
formation de mares salées.
D’une taille souvent supérieure à 1 mètre,
la guimauve se distingue par ses tiges droites et robustes.
Celles-ci sont porteuses de larges feuilles vert blanchâtre
à 3 ou 5 lobes. Ces dernières sont recouvertes
d’un duvet très doux et abritent des fleurs blanches
et rosées qui apparaissent de juin à septembre,
ainsi que des fruits de forme arrondie séparés
en multiples coques.
De taille variable (2,5 à 4 cm), les fleurs poussent
de façon solitaire ou bien en petits groupes, sous
les 5 sépales. Un deuxième petit calice contient
des étamines soudées en une colonne, lesquelles
portent des anthères rouge vif secréteuses d’un
important pollen qui attire de nombreux insectes tels les
abeilles.
Outre sa contribution à la célèbre friandise,
cette plante se distingue principalement par les vertus apaisantes
et thérapeutiques de ses différents éléments.
Pour cela, on utilise principalement ses racines, récoltées
en automne, ainsi que ses feuilles et ses fleurs, qui sont
cueillies en été.
Docteur
Guy Mauve, spécialiste en phytologie...
La guimauve constitue à elle seule une véritable
pharmacie végétale ! En effet, la forte
teneur de ses feuilles et de ses racines en mucilage et asparagine
lui permettent, depuis plus de deux mille ans, de traiter
les maux de gorge, la toux, l’asthme, la bronchite,
mais aussi la constipation chronique. Elle calme les douleurs
rénales, chasse les aphtes, soigne la conjonctivite
et cicatrise les plaies et brûlures.
On raconte d’ailleurs qu’au Moyen-Âge, certains
suspects condamnés à passer les mains dans le
feu pour prouver leur innocence enduisaient celles-ci d’une
pommade à base de guimauve.
Elle était également autrefois mâchouillée
par les bébés pour calmer leurs maux de dents
et est toujours reconnue comme une des meilleure plantes pharmaceutiques
contre les dartres. Ses vertus calmantes étaient connues
de nos grand-mères, qui n’hésitaient pas
à en agrémenter leurs tisanes de quelques pétales.
Aujourd’hui, les formes les plus courantes d’utilisation
sont les gouttes à diluer dans l’eau, les macérations
ou les infusions, ainsi que les sirops obtenus avec les fleurs.
On peut même se soigner tout seul…
Pas forcément besoin de sortir de médecine pour
se soigner avec de la guimauve ! Si vous souhaitez utiliser
la plante vous-même, voici un petit précis de
pharmacie.
Vous pouvez utiliser la plante en infusion : pour cela, prenez
une petite poignée de fleurs sèches que vous
verserez dans un litre d’eau bouillante. Buvez chaque
jour 2 à 3 tasses de votre préparation
et vous ne tarderez pas à profiter de ses bienfaits.
En cas de problèmes respiratoires, buvez-en aussi :
jetez 10 pincées de feuilles sèches et un bout
de racine sans écorce, gros comme une noix, dans 1/2
litre d’eau à 30°. Laissez macérer
votre mixture pendant une heure puis filtrez le tout avant
de boire.
Vous pouvez également faire des bains d’yeux
en mettant une cuillère à café de fleurs
de guimauve dans une tasse d’eau bouillante. Les adeptes
des bains de bouches trouveront également leur bonheur
en jetant une poignée de fleurs dans un litre d’eau
bouillante.
Et pour les gourmets ?
Ne
vous inquiétez pas, Dame Nature ne vous a pas oubliés
!
En effet, les feuilles peuvent agrémenter des salades
ou se cuire comme des légumes. Les racines bouillies
puis frites sauront également trouver preneurs chez
les amateurs.
Ce serait bien sur sacrilège de passer sous silence
le pêché gourmand que nous procure la guimauve
depuis la nuit des temps. A l’origine, la pâte
à guimauve était confectionnée à
partir des racines et le goût de ces marshmallow était
vraiment celui de la plante. Aujourd’hui, les bonbons
que nous connaissons (grosses boules colorés et molles)
sont fabriqués industriellement et la plante ne fait
plus partie de leur composition.
Cependant, il existe encore des bonbons à sucer, 100 %
naturels, au bon goût de guimauve. En 2003, arôme,
additifs et gélatine définissent mieux notre
bonbon que son nom...
Cependant, pour les puristes qui souhaitent retrouver le goût
de la véritable guimauve, voici une petite recette
relativement simple.
Recette
maison de bâton à la guimauve exclusivement
réservée aux gourmands :
à
vos fourneaux !
Il vous faudra :
- 2
blancs d’oeufs,
- 15
grammes de racine de guimauve (chez l’herboriste),
- 500
grammes de gomme arabique (provenant de certains accacias,
chez le pharmacien),
- 500
grammes de sucre en poudre,
- 1 litre 1/4
d’eau, de l’amidon (en grande surface),
- du
colorant de pâtissier (facultatif),
- et
un peu d’eau de fleur d’oranger.
Une fois tout cela réuni sur votre plan de travail,
vous pouvez enfiler votre tablier...
Tout d’abord, réduisez en petits morceaux
et lavez la racine de guimauve. Faites la ensuite bouillir
dans 1 litre 1/4 d'eau, puis laissez infuser et passez
dans une petite passoire. Ajoutez dans l'infusion encore
chaude les 500 g de gomme concassée. Faites cuire
à feu doux tout en mélangeant avec une
cuillère en bois jusqu'à dissolution.
Faites ensuite fondre le sucre et épaissir le
tout jusqu'à ce que le mélange ressemble
à un sirop, en remuant sans arrêt. Ajoutez
les blancs d'œufs battus et la fleur d'oranger.
Faites épaissir à feu doux en battant
le tout, versez quelques gouttes de colorant. Saupoudrez
très largement un marbre d'amidon.
C’est presque prêt... Coulez la pâte,
laissez la refroidir et coupez la en bandes ou en carrés.
Il ne vous reste plus qu’à goûter
votre chef d’œuvre ! |
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