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Le colza

Tapis jaune, à l’odeur tenace, ce n’est pas au printemps que le colza passe inaperçu dans nos campagnes. De la famille des crucifères, plante dont la fleur possède 4 pétales en croix, le colza est de plus en plus cultivé pour ses fruits dont on extrait l’huile : c’est une plante oléagineuse.

Le colza est une grande plante ramifiée, hybride (croisement) du chou et de la navette (espèce de navet), qui s’enracine profondément dans le sol. Cultivé depuis l’antiquité notamment en Chine, il a été introduit en Europe au 18ème siècle en Russie puis en Scandinavie dans les Flandres et enfin en Allemagne. On en extrayait déjà l’huile pour l’alimentation mais aussi pour l’éclairage ou la fabrication de savons. Il est aujourd’hui cultivé un peu partout sous des climats tempérés.

Planté avant l’hiver, le colza a la particularité de prélever les nitrates qui se trouvent en profondeur et qui auraient pu être entraînés vers les nappes phréatiques si le sol était resté nu. Il a par ailleurs l’avantage de créer une rupture dans la succession des cultures sur une même parcelle. Le mode d’exploitation du sol est différent, on ne traite pas les mêmes parasites ni les mêmes mauvaises herbes, c’est une culture d’équilibre.

Au printemps, vers le mois d’avril, les boutons s’épanouissent en grappes du bas vers le haut. La floraison dure plusieurs semaines, égayant les paysages de grandes plages jaune d’or.

Grâce aux abeilles ou au vent, le pollen féconde les fleurs qui peuvent alors se transformer en fines gousses, un peu comme des grands haricots. Ce sont les siliques, les fruits du colza. On dit que c’est un fruit déhiscent car il s’ouvre naturellement à maturité. Elles contiennent 15 à 30 petites graines sphériques de couleur noire à l’extérieur et jaune au milieu.

Le colza est cultivé pour ses graines, que l’on écrase pour en extraire l’huile mais aussi pour sa forte teneur en protéines végétales dont on se sert pour l’alimentation des animaux d’élevages. En effet une fois l’huile récupérée, les restes de l’extraction, sont récupérés et transportés dans une usine d’aliments pour le bétail. Là, ces matières premières appelées le tourteau entreront, avec d’autres, dans la composition élaborée de compléments alimentaires pour les vaches, les moutons mais aussi les poules.

Et fidèle au vieux slogan “quand on n’a pas de pétrole, on a des idées”, nous les avons donc semées, les idées, et voilà qu’elles poussent dans nos champs puisque le colza sert également pour des usages non alimentaires. Regardez autour de vous, bus, camions… certains ont déjà adopté le colza comme… carburant. En effet le Diester, carburant pour moteurs diesel est utilisé en mélange au gazole. C’est une source d’énergie renouvelable, plus respectueuse de l’environnement et qui constitue un débouché nouveau pour l’agriculture. Il a également été utilisé comme solvant, biodégradable et non toxique, sur les roches souillées par les marées noires.

Agréable destin pour la petite graine…


Les mots rigolos du mot

Notez que le mot colza nous vient tout droit du hollandais, Koolzaad qui signifie “graine” (zaad) et “choux” (kool), aucune surprise de ce côté !