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Le cerf

Le cerf brame... et la biche élaphe

Classe : mammifères (animaux qui ont un squelette, respirent avec des poumons et dont les femelles allaitent leurs petits).
Famille : cervidés (mammifères dont les pieds sont terminés par des ongles ou des sabots et dont les mâles portent des bois sur le front).
Genre et espèce : cervus elaphus (cerf élaphe)
Taille : 75 à 150 cm. au garrot ; femelles un peu plus petites
Poids :100 à 250 kilos ; un tiers de moins pour la femelle
Couleur : pelage noisette
Femelle : la biche ; petit le faon
Ramure : 90 à 100 cm. en fin de croissanc
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Course : 67 km / heure
Alimentation : herbes, bruyères, rameaux et feuilles
Longévité : mâles environ 10 ans ; femelles environ 12 ans


Accouplement : début automne,
gestation de 235 jours ; un petit par portée.

 

Dans la famille cerf : parmi les cousins du cerf on trouve le daim, le chevreuil, l’élan, le renne. Une famille nombreuse dont les représentants vivent aux quatre coins de la planète : en Europe, Asile, Amérique et Afrique du Nord.

• Mesdames, messieurs, la cour !


Tout comme au temps des rois de France, le cerf et sa femelle - ou plutôt ses femelles car le cerf est polygame, il a plusieurs épouses - sont à leur manière la noblesse de nos forêts sur lesquelles ils règnent avec force, pour le cerf, et grâce, pour la biche. On les retrouve sur beaucoup de tableaux de chasse du Moyen-Age et ils excitaient la convoitise lors des grandes chasse royales dans les légendaires forêts qui bordent les anciennes résidences des monarques.
Vénéré par les chasseurs, car il offre le plus beau des trophées, le cerf est presque un animal mystérieux. Cette réputation un peu magique vient probablement du fait que le cerf est un animal discret, amateur de solitude à certaines saisons, vivant la plupart du temps loin des hommes, dans les forêts profondes. Il est donc difficile à observer. Exception faite de la période du rut (la saison des amours) pendant laquelle le cerf est rendu complètement hagard, aveuglé par les biches mignones à croquer qui lui tournent autour et le font fondre dans une authentique ivresse amoureuse dont il sort chaque année totalement sur les genoux, épuisé d’amour, le pauvre.
Le cerf incarne donc la puissance et la fertilité. Volontiers bagarreur à la saison des amours, où vieux et jeunes prétendants se disputent les faveurs de leurs biches en s’affrontant à coups de bois dans de rudes face à face qui peuvent être mortels, le cerf n’est pourtant en rien dangereux pour l’homme.

• Sa majesté le cerf


Le cerf est le plus gros de tous les mammifères sauvages de nos forêts. Il est aussi le plus impressionnant par la taille de ses bois et la puissance de son cri, le brame, qu’il pousse pendant la période de reproduction. Ce colosse peut atteindre une taille de 1,50 m au garrot (région du corps qui correspond au dessus des épaules) pour un poids allant d’une moyenne de 150 kilos à 200 kilos. Quant à la biche, son poids est environ d’un tiers inférieur.
Malgré une allure de combattant le cerf est un pacifique herbivore (qui se nourrit d’herbe), de la famille des cervidés. Il ne mange que des végétaux, principalement des graminées (herbes riches en amidon comme le blé), du feuillage, des fougères, des bourgeons. Il se délecte aussi d’herbes tendres, de glands, de châtaignes, de fraisiers sauvages, de trèfles ou de luzerne. Et lorsque l’hiver est trop rude, le cerf pourra se contenter de feuilles de ronce voire rogner l’écorce des arbres pour s’alimenter. Sa panse (son estomac) d’une capacité de trente litres lui permet de faire quatre ou cinq repas par jour. Un avantage d’ailleurs puisque son alimentation contient beaucoup d’eau et lui évite de devoir se déplacer pour se désaltérer.
La demeure habituelle du cerf est la forêt, indifféremment de plaine ou de montagne, mais à la condition qu’elle soit suffisamment vaste pour assurer sa tranquillité. On le trouve donc un peu partout sur le territoire français même si la chasse et l’homme ont eu raison des derniers spécimens de certaines régions, comme le cerf de Corse, plus petit que son cousin du continent, qui a complètement disparu.

• Le chant des sirènes et le brame du cerf
C’est une véritable institution pour tous les amoureux de la forêt. Le brame désigne le cri du cerf à la période de rut (période de reproduction des mammifères), et par extension la période toute entière. Ce cri rauque, si particulier d’habitude dans la forêt si calme, qui ressemble en beaucoup plus puissant à celui d’une vache enrouée, déclenche les passions. Le cerf est là, lui qui d’habitude demeure insaisissable. Sa voix porte depuis le cœur de la forêt mais il demeure invisible, toujours prudent. Ceux qui parviennent à l’observer sont soit très chanceux soit très entraînés. Le plus intriguant reste encore de s’asseoir et de l’écouter.
Le brame sert également au cerf à montrer sa force. C’est une sorte de défi. Les animaux les plus jeunes ont un cri moins grave et moins puissant. Ils ne chercheront pas à rivaliser avec les aînés. Lorsque le brame ne permet pas de départager deux cerfs, ils finiront pas se rejoindre, se provoquer pour évaluer leur force respective et la taille de leurs bois. Le combat n’aura lieu que si aucun des deux mâles n'apparaît comme le plus fort. La victoire dépend de l’abandon du plus faible, le but n’étant ni de blesser ni de tuer l’autre.
Le brame a lieu mi-septembre. Pendant deux à trois semaines, nuit et jour, les cerfs se rassemblent et se battent pour les biches qu’ils convoitent. Les vainqueurs rassemblent des troupeaux de 10 à 20 femelles et s’accouplent avec celles qui sont matures. Les jeunes mâles sont exclus par l’agressivité de leurs aînés. Les mâles dominants assurent une présence constante auprès des femelles et des saillies (accouplements) répétées pendant toutes la durée du brame.

 

• Méli-Mélo


Il arrive que deux cerfs emmêlent leurs bois lors d’un combat trop... rapproché. S’ils ne parviennent pas à se dépêtrer, ils mourront tout simplement d’épuisement, ne pouvant même plus se baisser pour s’alimenter.

 

• Les mœurs un peu grossières
de monsieur cerf


Bien que le cerf soit un animal grégaire, il vit en groupe, ses mœurs en communauté sont assez peu raffinées.

Tout le contraire de la biche qui fait preuve de dévouement à l’égard du groupe et d’un efficace esprit de corps.
La majeure partie de l’année (en dehors de la période de reproduction) les femelles et leurs petits vivent séparés des mâles. Elles s’organisent en hardes (troupeaux d’animaux sauvages) de plusieurs petits groupes. Chaque groupe est mené par une femelle dominante. Celle-ci est toujours aux aguets lorsque les autres paissent. Elle prévient immédiatement le groupe par des petits cris en cas de danger puis ouvre la fuite en passant la première, tandis que sa seconde, souvent une biche âgée, passe la dernière.


On dit d’ailleurs que les biches les plus anciennes ferment toujours la marche pour se sacrifier si le danger, un prédateur ou un chasseur, est inévitable. Elle protège ainsi la fuite du reste de la harde.


Chez les messieurs, c’est une toute autre histoire. Indépendants ou tout simplement rustres, les mâles n’ont aucun sens de l’organisation. Le cerf dominant, le plus fort, mène le groupe à sa guise, s’amusant parfois à tyranniser les plus faibles, il les guide ou se contente parfois de les suivre. Il n’y a pas de règles et lorsqu’un danger survient, c’est chacun pour soi dans le plus grand désordre.
Le cerf se permettrait même de pousser ses congénères à coups de bois pour s’en servir de bouclier face au danger. Quelle courtoisie!

• D'amour et d'eau fraîche


Petit problème cependant : tellement occupé à batifoler et à éloigner ses rivaux, le cerf oublie de s’alimenter. Il peut ainsi perdre jusqu’à 20 % de son poids et finir totalement épuisé. Le cerf sera donc bien fourbu quand la fin du rut sera venu.

• Quand le cerf perd la tête


Chaque année vers le mois de mars le cerf perd ses bois se retrouvant donc tête nue. On dit parfois qu’il “jette sa tête”, les bois tombant d’un seul bloc. Il se console vite puisque les bois commencent à repousser presque aussitôt.

• Mais de quel bois se chauffe-t-il ?


En fait il ne s’agit pas de bois mais d’un os qui pousse et repousse chaque année depuis l’os frontal et donne une bonne idée de l’âge de l’individu. Un cerf qui possède des bois composés que de deux tiges, des dagues, d’où son nom de daguet est âgé d’un an et demi. L’année suivante, les dagues seront remplacées par deux tiges plus fortes, des merrains, qui portent des petites branches nommées andouillers ou cors. L’année suivante, apparaît un surandouiller qui se placera au dessus de l’ancien pour former ensuite d’autres petites cornes. Et ainsi de suite, les bois du cerf continuent de repousser chaque année jusqu’à l’âge de dix ou douze ans et atteignent jusqu’à 90 à 100 mm. de long. Leur poids : jusqu’à 9 kilos à porter !
Pour assurer la croissance des bois, le grand cerf doit produire 60 à 80 grammes de minéraux chaque jour. Une quantité énorme qu’il trouvera en adaptant son alimentation.


Petit lexique en vrac du cerf illustré

• Andouiller et surandouiller : c’est l’une des ramifications des bois du cerf.
• Cerf-volant : jouet léger à armature, retenu par une ficelle et conçu pour s’élever dans l’air sous l’action du vent. Attention faux ami, rien à voir avec le cerf élaphe !
• Daintiers : testicules du cerf.
• Daguet : jeune cerf qui ne porte encore que des dagues, bois formés de deux tiges simples.
• Gouttière : rainures le long des bois formées par le passage des vaisseaux sainguins lorsqu’ils repoussent.
• Larmier : fente située à l’angle interne des yeux du cerf d’où suinte un liquide gras et odorant.

• Mulet : nom du cerf qui vient de perdre ses bois.
• Ravaler les bois : non le cerf ne mange pas ses bois une fois tombés. A l’exception du cerf d’Ecosse qui les mâche pour profiter des sels minéraux qu’ils contiennent. Ravaler correspond à l’âge à partir duquel la taille des bois n’augmentent plus chaque année, simplement parce que le cerf vieillit. La masse osseuse que le cerf porte sur sa tête va même régresser d’année en année.
• Viander : on dit que le cerf viande non pas quand il se retrouve sur l’étal du boucher mais lorsqu’il se nourrit. Ce qu’il fait d’ailleurs souvent couché. Paresseux le cerf ?